Les pionniers
de la perle de Tahiti
 
   
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Les pionniers de la perle
Tahiti et ses lagons
Paul Gauguin
   
   
   
 
     
 

Les débuts de la perle de Tahiti

Naissance des premières perles de culture
Les début de la perliculture
La première ferme perlière
Impact des fermes perlières sur le monde polynésien d'aujourd'hui
Les dangers qui guettent nos récifs, lagons et atolls
Les fermes perlières et leur environnement
Restons objéctifs et positifs
   
   
 

L'histoire d'amour entre l'homme et la perle est une histoire séculaire qui ne cesse de se perpétuer au grand bonheur de nos yeux émerveillés. On savait que les huîtres produisaient des perles, mais on ignorait par quel savant procédé elles y parvenaient. Les plongeurs passaient des heures à chercher des nacres porteuses de perles. Il fallait extraire de l'eau des milliers d'huîtres pour espérer pouvoir trouver une perle. C'était l'époque de la perle fine.
Alors que le monde occidental développe depuis toujours le mythe du bijou et de la perle dans sa culture ancestrale, les Océaniens ne valoriseront ces bijoux du lagon qu'après l'arrivée des découvreurs. Ne rapporte t'on pas que la reine ''Pomare'' les utilisait pour jouer aux …billes. Exagération, très certainement, cependant l'explication est peut être simple : il n'existait pas à cette époque ni colle très résistante ni métaux et outils assez fin et dur pour les percer et valoriser ces perles au quotidien.

 

 

   
       
       
     
  Naissance des premières perles de culture    
       
 

Les premières perles issues d'une greffe trouvent leur origine dans la Chine du XIIIème siècle. La première perle récoltée, fut un mabe, le 11 juillet 1893 dans la baie d'Ago, au Japon.
Les historiens admettent que la paternité de cet art est due à un Japonais, Tatsuhei Mise 1904. Cependant, on prête l'invention véritable du procédé de greffe et de culture M. Nishikawa qui en 1905 produit les premières perles de culture rondes. Les deux licences de Mise et Nishikawa furent déposées en 1907. Mais, ce n'est qu'en 1908 qu'un autre japonais M. Mikimoto déposait à son tour son brevet; un acte de naissance en trois temps qui allait révolutionner le monde de la perle. M. Mikimoto obtenait alors le premier brevet d'inventeur et producteur de la perle blanche du Japon dite Akoya. La technique de Mikimoto était finalement assez archaïque, elle consistait alors à envelopper un petit noyau artificiel dans un morceau de tissu de nacre et à glisser l'ensemble dans une autre "huître".

 

.La technique est assez lourde et traumatisante pour la nacre. Elle laissera la place à des techniques plus légères telles que celles découvertes et mises au point par Mise et Nishikawa consistant à n'introduire qu'un noyau et un greffon.
Cette technicité parfaitement maîtrisée et jalousement préservée va faire des Japonais des greffeurs quasi exclusifs et unanimement reconnus des Pinctada margaritifera, jusqu’aux années 1980.

 
 
 
 
     
     
  Les début de la perliculture    
       
  La résurrection de ce secteur d'activité en Polynésie française est finalement assez récente, elle a débuté dans les années 70 avec la création d'une filière de la perle de Tahiti, appelée à cette époque perle noire. La perle noire, perle de Tahiti, telle que nous connaissons ce bijou du lagon aujourd'hui, nous le devons à ces pionniers.
En 1963, le directeur du Service des pêches de Tahiti, Jean Domard, vétérinaire métropolitain, s'imprégna au Japon des techniques nippones de greffe de la perle noire, au début des années soixante. Il expérimente alors des greffes sur Pinctada margaritifera en vue d'obtenir des perles noires de Tahiti. Après avoir essuyé trop d'échecs en tentant de greffer lui-même, des greffeurs australiens, dont un japonais, sont envoyés à Hikueru et à Bora Bora et, deux ans plus tard, des perles de Tahiti d'excellente qualité sont obtenues.
  En 1967, Jacques Rosenthal, grossiste en bijoux réputé, après avoir vu les perles récoltées par le Service des pêches, recrute William Reed, un biologiste australien, afin qu'il étudie la viabilité d’une ferme perlière dans l'atoll de Manihi (Tuamotu).
Reed recommande le collectage de naissains car le stock d'huîtres naturelles lui semble insuffisant. En 1973, William Reed a fondé sa propre société de perles de Tahiti sur l'île de Mangareva, dans les îles Gambier. Robert Wan, le plus grand producteur actuel de perles de Tahiti, a acheté cette société en 1975.
     
     
 

La première ferme perlière

   
       
 

Un journaliste local,Koko Chaze, se lance avec Domard dans la production de demi-perles. Koko Chaze s'installe alors à Manihi et fait sa première récolte de perle noire du Pacifique un an plus tard. A ce moment là, la famille de joailliers parisiens, les Rosenthal, découvre les perles de Jean Domard; le père Rosenthal les fera reconnaître par le Gemmological institute of America et par les plus grands bijoutiers. C'est la première ferme de perles en Polynésie, le début d'une longue aventure !!
À cette époque, Jean-Claude Brouillet, fondateur d'Air Gabon, créera sa ferme perlière à Marutea (Tuamotu). Il a acheté aux autorités locales le stock de perles noires de Tahiti obtenu par Jean Domard en 1965, à la suite des greffes expérimentales réalisées en 1963. Brouillet avait entendu dire que les perles noires de Tahiti n'avaient aucune valeur ... Parce qu'il n'existait pas de marché pour un tel produit.

  Il parcourut le monde pour montrer ses échantillons de perles noires à des grands bijoutiers de Paris, de Londres, de Tokyo, de New York ? C'est "un fiasco pitoyable".Plus tard, Brouillet rencontrera Salvador Assael, un grossiste en bijoux et négociant en perles new-yorkais. Il décide de promouvoir la perle noire parmi les bijoutiers les plus réputés des États-Unis d'Amérique et de France. Grâce à leurs efforts conjoints ils imposeront ces bijoux des mers du Sud dans les plus grandes bijouteries, joailleries du monde, de la Place Vendôme à Paris à Manhattan. Le marché de la perle noire de Tahiti peut commencer à se développer. Après que Brouillet eut vendu sa société à Robert Wan, Assael et lui-même ont continué ensemble de promouvoir la perle noire sur le marché américain.Il serait injuste de ne pas citer les autres grands pionniers de la perle de Tahiti que furent le docteur Jean-Paul Lintilhac, Paul Yu, Jean-Pierre Fourcade, Jean Tapu, ou Yves Tchen Pan à qui la perle de culture des îles Cook doit beaucoup.
     
     
 

Impact des fermes perlières
sur le monde polynésien d'aujourd'hui

   
       
 

Après avoir débuté avec moins de 2 kg de perles de Tahiti en 1978, la Polynésie française est, à l'heure actuelle, le principal producteur et exportateur de perles noires et maîtrise une part importante du marché mondial de la perle.

La culture de la perle de Tahiti a redonné vie à nombre des atolls des Tuamotu et des autres archipels. Passé la période de tâtonnement sur le plan technique, les cours au plus haut de la perle noire de Tahiti, tout est enfin réuni pour que ce bijou de perle entre dans sa phase adulte.
Actuellement plusieurs milliers de Tahitiens vivent de la perliculture ou du collectage de naissains en Polynésie française. Aux Tuamotu et dans les îles Gambier, où la culture des perles est pratiquée dans environ 35 îles, environ une famille sur quatre tire son revenu de cette activité.

  En outre, la plupart des emplois créés sont parfaitement adaptés au type de travail en plein air que les Polynésiens ont toujours apprécié dans les archipels reculés, pêche, plongée. La filière offre un environnement de travail et un mode de vie aussi proches que possible des activités traditionnelles menées par la population locale.
Dans de nombreuses fermes artisanales, la main-d’œuvre se limite aux seuls membres de la famille, qui ne reçoivent aucun salaire. Un nombre toujours plus grand de petites exploitations familiales se tournent vers le collectage de naissains, et les grandes fermes achètent souvent des juvéniles provenant de petites exploitations familiales.
     
 

L'explosion du commerce de la perle de Tahiti a eu de bons côtés mais il reste des secteurs à améliorer. Entre autres effets favorables, elle a permis de renverser la tendance de l'émigration des îles périphériques des Tuamotu et des Gambier vers Tahiti. En fait, les îles où l'on cultive la perle noire ont même connu un fort renversement de cette tendance. Par exemple, entre 1988 et 1996, la population des îles Gambier a augmenté de 75 pour cent. Aux Tuamotu, pendant cette même période de huit ans, certaines îles ont enregistré une croissance démographique spectaculaire : Kauhei +191%, Ahe +133%, Manihi +79%, Rangiroa, +46%, Takapoto +31%, Takaroa +23%.
Les retombées économiques sont également positives car jadis, tout reposait sur la nacre, surtout utilisée pour la confection de boutons et d'incrustations; les perles elles-mêmes, si on en trouvait, n'étaient qu'un extra. Les niveaux de vie se sont rapidement améliorés. Les ménages bénéficient davantage des conforts de la vie moderne.
Au chapitre des aspects moins positifs on retiendra que beaucoup d'exploitations familiales se sont endettées pour investir dans la perliculture.

 

Par manque de connaissance de la gestion et en raison d'une tendance à confondre "chiffre d'affaires" et "bénéfices", ces familles n'ont jamais pu rembourser leurs emprunts bancaires.Les importants volumes d'argent générés par la perliculture ont accru les inégalités entre les familles prospères et celles qui ne le sont pas et entre les îles où cette activité est en pleine expansion et celles où la production de coprah continue d'être la seule activité rémunératrice.
Au final ,cependant, le bilan reste très largement positif, qui pourrait aujourd'hui imaginer la Polynésie Française sans ses bijoux de perles de Tahiti ? Inimaginable. Ni pour la Polynésie ni pour aucune femme qui aie jamais porté ce bijou.
Les perles noires de Tahiti ne sont plus des bijoux rares et coûteux réservés à une élite. Elles s'adressent désormais à une clientèle plus vaste. La baisse des prix des perles de Tahiti au cours de ces dernières années a contribué à faire croître la demande en volume et en valeur, et la part qu'elles représentent sur le marché mondial s'accroît d'année en année.

     
     
 

Les dangers qui guettent nos récifs, lagons et atolls

   
       
 

Les cyclones
Les cyclones assez fréquents provoquent de gros dégâts sur les récif de Polynésie française, ils sont souvent plus visibles à terre mais leur impact est nettement visible tant sur la faune que sur le corail lui-même.

 

Les infestations d'Acanthaster
En Polynésie, Acanthaster planci est responsable de profondes modifications des communautés coralliennes, avec de fortes mortalités, en particulier chez les coraux du genre Acropora et Pocillopora.. Sur l'île de Moorea, au niveau de la pente externe, les taux de destruction étaient supérieurs à 50% ; variables suivant les zones. L'évolution entre 1987 et 1991 va dans le sens d'une recolonisation avec, dans la période, une augmentation de la diversité des espèces recrutantes ainsi que du taux de recouvrement (de 14% à 28%) des zones affectées.

     
 
 
 
 
 
 


       
     
     
 

Les fermes perlières et leur environnement

   
       
 

Les producteurs de perles de Tahiti se doivent de protéger leur environnement et notamment favoriser le développement des populations d'huîtres perlières sauvages.

 
 
 
 
 

Compte tenu du caractère relativement récent de la culture des perles de Tahiti et du manque de connaissances scientifiques sur l'impact à long terme des fermes perlières sur leur environnement et ce malgré l'importance des recherches engagées, on peut malgré tout considérer que :
Les activités de collectage et d'élevage ont un impact sur le lagon : le collectage entraîne un prélèvement parfois intensif de larves et une concurrence vis à vis des autres organismes.
Les transferts interinsulaires de nacres entre les fermes de perles posent des problèmes pathologiques, avec un risque de propagation des maladies et de contamination des atolls les uns après les autres.
D'autre part, la diversité génétique de Pinctada margaritifera se trouve réduite du fait de ces transferts.

     
     
 

Restons objéctifs et positifs

   
       
  Si effectivement ce bijou, cet écrin de milieu naturel, est en danger, il nous appartient à tous de le considérer différemment afin de le préserver pour les générations futures pour que au cœur d'un immense continent bleu, le Pacifique, la Polynésie Française égrène encore longtemps ces îles de lave et de corail. Ces bijoux de perles du Pacifique.
     
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